Le sang du foulard

Le sang du foulard

Le Foulard de sang de Jean-Louis Foncine

REGARD SUBJECTIF SUR...

LE FOULARD DE SANG

de Jean-Louis Foncine

Un livre "culte", mythique

et mystérieux !

 

 

 

Le «visage pâle» que je suis (entendez: un non scout), a voulu visiter la littérature scoute et donc, naturellement (on ne prête qu’aux riches!), a commencé ses explorations en suivant le Signe de Piste!  Le premier et unique ouvrage que j'ai lu à la parution initiale de cet article - je fais abstraction des BD des Castors de Mitacq -, est un ouvrage emblématique (et contesté), paru en 1946, et qui, en 2011, suscite encore des interrogations et des polémiques. Par chance (mais cette chance, je l’ai bien un peu provoquée), j’ai pu acquérir l’édition originale, un exemplaire défraîchi, à l’encre décolorée, aux pages découpées sans précaution par le premier lecteur - ce qui lui donne le charme irésistible de «l’ancien» et du vivant... Les lignes qui suivent sont donc l’expression d’un regard totalement subjectif, d’un «non initié» qui a tout à apprendre et à lire du côté du scoutisme de plume.

 

 A 15 ans, j'ai décidé de sortir de mes pantoufles pour vivre d’aventures et d’eau fraîche, de soleil et de boue, de paille et de feux de bois; je me suis tourné non vers la pratique du scoutisme mais celle de la spéléologie. Ecole d’aventure, de vie et de courage, de fraternité aussi, de débrouillardise sûrement, de découverte et de respecte de la nature, la spéléologie (l'exploration des cavernes et non pas le tourisme souterrain) m’a détourné du ceinturon et du béret à mon corps défendant! Je m’intéresse donc, sur le tard, à ce qu’aurait pu être mon vécu en brun, en rouge ou en bleu, si je n’avais pas préféré... le marron des boues souterraines!





La thématique de cette rubrique est le regard de la littérature sur le scoutisme; il y est donc bien question de littérature, et qui dit littérature dit "sublimation", fiction, transposition, rêverie, etc. De même que la chevalerie a accouché du chef d'oeuvre de Cervantes,complètement délirant - mais exquis -, de même telle ou telle forme d'obédience scoute peut engendrer de beaux ouvrages - si éloignés fussent-ils de la réalité du terrain. Bien entendu, à notre époque de "chasse aux sorcières", et d'intolérance dissimulée, on a tôt fait de jeter l'anathème sur un courant de pensée, si critiquable soit-il, et nonobstant la qualité littéraire ou fictionnelle de l'oeuvre qui s'en est inspirée.

 

 

Une surprenante couverture, dont les attitudes et les couleurs m'ont fait penser aux Jeunesses  Hitlériennes (Hitlerjugend)! On sait que le scoutisme a été officiellement héradiqué du reich mais que... "Après avoir dissous les organisations de Scouts dans tous les Länder d'Allemagne, les Jeunesses hitlériennes s'approprièrent beaucoup de leurs activités, ..." (sic Wikipedia). En achetant ce livre, j'avais quelque crainte!

 

Au moment où j'écris ces lignes, je n’ai lu Le foulard de Sang qu’une fois, il y a trois mois. Il me faut le reprendre. Ce qui suit ne sont donc que des impressions «primitives».


Le recueil commence d’emblée par une longue marche en forêt à la recherche d’une cabane de bûcherons où une étrange cérémonie doit avoir lieu... Groupe secret, rites confidentiels... Révélations et «initiation» d’enfançons avec «adoublement mérité par leur courage»... L’atmosphère est peinte avec précision (le paysage, les odeurs, le ciel) et les personnages y sont charnels - je veux dire qu’on les «sent» vrais et parcourus de sang. La magie opère: nous voilà intégré à une soirée exceptionnelle et atypique, hors du temps, construite avec des sentiments à la fois puérils et chevaleresques: l’innocence et la grandeur sont confondues en une entité commune. Il y a des enfants (des «tout petits»), des plus grands, et l’on peut supposer que Le Grand Maître est un adulte déjà mûr...

 

 

 

Le fait «fondateur» de l’Ordre du Foulard de Sang sera relaté devant une grande cheminée où brûle le brasier de la fraternité, tandis qu’une pluie amicale protège le lieu momentanément sacré, le soustrayant à d’éventuels intrus nocturnes. Puis viendra les «agapes» traditionnelles pour fêter les nouveaux «adoublés»: châtaignes et roti «de forte taille» patiemment grillés sur le foyer crépitant. On en a la salive à la bouche!

 



«ALORS LE GRAND MAÎTRE PARLA»

«Je sais maintenant qu’en France d’autres «boucliers» naîtront. La grande chaîne enfantine de l’honneur et du courage se forgera désormais en mille lieux français. Tous, où que nous allions et à notre rang, nous accomplirons la grande Loi de chevalerie»

 

 

 

 


...

 

 

 

 

Le Foulard de Sang (le livre), c’est aussi d’autres nouvelles: les contes des Pays perdus, qui valent bien les lettres du Moulin de Daudet, par leur originalité, leur style, leur créativité!

La timbale d’argent
Grenouille de la première des Halles

 

sont deux fleurons de la deuxième partie de l’ouvrage. Le vocabulaire, la couleur, la justesse et le génie des mots n'ont rien à envier à des textes de Pagnol. J’y reviendrai ici.

Les récits de Foncine dans ce livre sont sur des registres si différents que ça déroute! Et c'est ce qui donne du charme à l’ouvrage! Ces narrations, qui font toutes l'apologie de la nature (et de la vie), de l’amitié, de la tolérance et de la découverte de l’autre, sont écrits dans une prose extrêmement moderne malgré les apparences!

Rien de désuet dans tout cela: que l’on compare aux littératures-soupes actuelles que de grands éditeurs servent à la jeunesse, déclinaisons réchauffées, à peine assaisonnées de neuf, vieilles recettes narratives troquant la vie vraie contre les mondes prétendûments fantastiques, les super-héros, les monstres sanguinaires, etc., tous garnis de clichés revus et corrigés pour chaque pseudo-nouveauté, édulcorées à la sauce bien pensante de l'écologie et du nivellement social...

 

DANS L'EDITION ORIGINALE
DES ILLUSTRATIONS ATYPIQUES

DE PIERRE JOUBERT

 

Le graphisme de la couverture de 1946 correspond en tout point à ce qui se faisait à l'époque (années 40/50), y compris dans les magazines féminins ou autres journaux illustrés. On a peine à croire que c'est "du" Joubert! Les illustrations intérieures sont aussi d'une autre veine: réalistes pour les unes (et sans caractère particulier) et... "ligne claire" à la Hergé pour les autres (Grenouille): ces dernières sont d'une expressivité inouïe; les attitudes, les vêtements,les frimousses sont étonnants de "vérité" dans la caricature! J'espère trouver d'autres dessins de Joubert de cette veine là... Mais y en-a-t-il d'autres?

 

 

"Y'en a un qui n'a que dix ans,

mais il faut le prendre avec le tout!"

 

 

 

 

Editions modernes : l'ouvrage est en vente "dans les bonnes librairies"! 

 

 

 

Messieurs Foncine et Joubert, un grand merci!

  

 

Toutes les illustrations ci-dessus sont des montages de la rédaction effectués avec des photos de l'édition originale de 1946 avec les illustrations de Pierre Joubert

 

Choucas

  

http://www.jeuxdepiste.com/interview/entretienaucoin.html

 

 

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Peter Pan et Wendy.jpg

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26/05/2011
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